Pourquoi c’était mieux avant ?

Peu importe l’âge que vous avez, peu importe où vous allez et à qui vous prenez la peine de parler plus de 15 minutes, vous l’aurez remarqué : c’était mieux avant. Et l’époque n’est pas un critère.
Mais alors, qu’est-ce qui fait que c’était mieux avant ?
Il m’arrive tellement souvent d’avoir envie de me réfugier dans la maison de mon enfance, chez mes parents. Mais une fois à la maison, je suis désillusionnée. Simplement parce qu’au fond, je ne veux pas véritablement retourner en enfance. Ce que je veux, c’est redevenir une petite fille. C’était si facile de profiter des choses simples, parce qu’il n’y avait aucune contrainte extérieure.
Les parents géraient tout ce qui vient aujourd’hui polluer nos journées. Toutes ces petites choses qui font que nous sommes rapidement passés d’une vie ambitieuse à une vie terne et sans intérêt.
Enfants, nous sommes littéralement des assistés. Il est si fatiguant de devoir gérer sa vie, de prendre en considération le critère « avenir », qui se résumait quand on était enfant à « quand je serais grand » qui n’était pas daté dans le temps.
Maintenant que papa et maman ne sont plus là pour nous défendre et nous protéger, nous devons gérer notre image de nous, et essayer de gérer ce que pourrons penser les gens de nous.
En grandissant, certain critères s’ajoutent à la vie. Entre autres, il y a l’argent, le sexe, l’administratif, internet, etc.
On se gâche petit à petit. On se laisse avoir par le regard des autres, par le regard de la société, et on en perd le regard de soi.
Depuis quand n’avez-vous pas fait les choses par envie ? Et non par devoir ?
Depuis l’apparition d’internet, nous avons un poids supplémentaire (et énorme) qui est venu s’incruster sur nos épaules.
Toutes ces séries à voir, tout ce maquillage qui a l’air mieux ailleurs, et toutes ces personnes qui nous sont accessibles. Peut-être est-on en train de passer à côté de quelque chose de mieux que ce que l’on possède déjà ?
Nous n’arrivons plus à nous contenter de ce que nous possédons dans l’immédiat, dans la « vraie » vie. On recherche le meilleur objet, au meilleur prix. On recherche le meilleur partenaire possible, et on continue à se polluer l’esprit avec nos relations passées. Nous ne pouvons plus oublier. Nous ne pouvons plus faire le deuil de nos erreurs.
Lorsque nous achetons quelque chose, nous ne pouvons pas nous empêcher de regretter en voyant des prix bien moins élevés le lendemain en ouvrant la page d’Amazon. Alors nous culpabilisons, nous regrettons, nous vivons dans le négatif.
Nous sommes toujours angoissés à l’idée que le facteur passe en notre absence, à l’idée de devoir attendre 2 heures à la poste pour acquérir ce dont on a besoin.
Et ce tee-shirt qui me fait de l’oeil, est-ce qu’il est à la mode ? Est-ce que ma montre adorée est encore au top ? Est-ce que j’aurais assez de temps pour voir tous les films qui m’intéressent au cinéma ? Est-ce que je suis une maman assez organisée ? Une femme assez attentionnée ?
Comment je vais pouvoir m’en sortir alors que je n’arrive pas à imprimer ce papier pour l’assurance, et que personne ne veut m’accueillir en personne ? Ce grain de beauté sur le bras est suspect, d’après google j’aurais peut-être un cancer. Je consulterais un médecin le mois prochain. Quand j’aurais fini mes lessives et que j’arriverais à faire des biscuits comme un chef.
Suis-je assez douée, en comparaison à toutes ces personnes à la télé, sur internet ?

Devenir adulte, c’est perdre sa liberté. C’est s’enticher du regard des gens, c’est être tout le temps concurrencé.

Vous souvenez-vous de la joie lorsque, enfant, vous aviez le droit de choisir un bel agenda ? Vous souvenez-vous de l’angoisse lorsque, il y a un mois, vous avez dû faire un choix de planner ? Le problème est là : nous voulons tout planifier, tout gérer, assurer en tout et tout le temps. Ce qui n’est pas humain. Nous ne pouvons pas être heureux en ressentant en permanence cette pression sociale. Nous en revenons même en remettre en question notre mode de vie, là où nous devrions simplement écouter notre coeur. Avons-nous vraiment envie de faire ces biscuits maison, ou est-ce qu’on a juste ajouté cette tâche à notre liste quotidienne parce qu’il « faudrait » savoir faire des biscuits, comme à la télé, comme nos grands-mères, comme toutes les bonnes femmes et mères ?

Voilà le vrai critère, qui fait que c’était mieux avant. Avant, quand on était enfants, on ne se souciait pas de l’avis des gens, et on se fichait pas mal de tout savoir faire correctement. On s’écoutait, simplement. On faisait ce qu’on voulait, quand on voulait.
On se fichait pas mal d’avoir à payer nos factures, à gérer notre budget, à faire les poussières ou être douée en tout. Le facteur « avenir », loin de nous, ne nous effrayait pas.
Et si je ne vous dit pas d’arrêter de payer vos factures, je pense qu’il faudrait prendre un peu exemple sur l’enfant que nous étions. Il faudrait qu’on apprenne à lâcher la pression quant à l’avenir. Qu’on arrête de s’angoisser pour tout et n’importe quoi, et qu’on arrête enfin de vouloir tout gérer. Pour vivre un peu.

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4 Comments »

  1. Magnifique article !

    J’ai l’impression que tu abordes tout plein de sujets à la fois, et il y a tant de choses à dire !
    Globalement je suis d’accord avec tout ce que tu dis même si la plupart des choses ne me touchent pas (kiwi n’est ni fashion, ni une consommatrice de séries tv ou film).

    Garder une âme d’enfant et surtout l’insouciance est quelque chose qui peut nous rendre plus léger que ce soit dans notre comportement ou notre réflexion. C’est simplifier sa vie et vivre au jour le jour, mais comme tu l’as souligné cela n’est pas toujours en concordance avec une vie « d’adulte ».
    Personnellement, ma mère me reprochait régulièrement d’être insouciante, de parler trop vite sans réfléchir, d’avoir des lubies qui disparaissent aussi vite qu’elles sont venues, d’assumer mon ignorance sur le monde. Mais aujourd’hui je suis persuadée que cette « innocence » si je peux l’appeler ainsi, apporte énormément à mon bonheur de tous les jours.

    On se fatigue plus qu’autre chose à concorder notre image à celle qu’ont les gens de nous. Il existe même un phénomène des plus vicieux. Il s’agit de notre comportement qui se calque inconsciemment sur ce que les gens disent de nous. Par exemple si ta famille répète régulièrement que tu es une fille timide et studieuse, tu joueras probablement le rôle de la fille timide et studieuse même si des fois tu as envie d’être colérique et glandeuse. L’être humain est changeant, on ne devrait jamais se laisser décrire par quelqu’un au risque de se laisser enfermer dans une case 😉

    Aimé par 2 personnes

    • Merci pour ton long et très intéressant commentaire ! 🙂
      C’est vrai que dans cet article je traite plusieurs sujets à la fois (entre autres la pression sociale, le regard de soi, la quête de perfection et le besoin d’être accepté). Comme tu le dis si bien, il est important de savoir conserver un peu de son insouciance pour avancer dans la vie sans trop de prise de tête, de crises existentielles, etc. Malheureusement la vie d’adulte (et les responsabilités que ça implique) n’est pas toujours compatible avec cette insouciance. C’est pourquoi selon moi il est primordial de savoir se détacher du regard des autres (et de ses proches) pour atteindre la meilleure estime de soi possible. Mon message est finalement toujours le même : il faut apprendre à s’écouter, se respecter, et profiter des petites choses du quotidien.

      Aimé par 1 personne

      • En te lisant il est maintenant certain que nous pensons la même chose x)
        Oui le regard des autres est important pour nous et encore plus celui de notre entourage. En soit cela peut-être bénéfique car nous pouvons nous améliorer socialement ou essayer d’avancer dans la vie pour ne pas décevoir ses parents. Malheureusement les regards ont souvent comme première conséquence de nous paralyser sur place ou nous confiner encore un peu plus dans une catégorie de personne.

        Personnellement pour me « guérir » de ça j’ai plutôt opté pour une approche d’effacement totale. J’explique ça dans une vidéo mais elle paraîtra d’ici quelques semaines donc autant l’expliquer ici xD
        Il s’agit entre autre de vouloir « disparaître » et n’être rien. Par exemple en se détachant des objets matériels mais aussi des liens sentimentaux sans pour autant devenir un robot évidemment. Apprécier sa vie, les évènements et tout ce qu’il se passe comme un spectateur. Encore une fois ça ne se traduit pas par rester immobile toute la journée face à une sorte de « tv ». Bien au contraire en se détachant de tout on arrive à être plus naturel, franc et parler sans détour. Le tout est de savoir doser pour ne pas tomber dans l’extrême, il faut toujours faire attention à ne blesser personne et agir pour soi sans devenir égoïste. J’ai bien une théorie en tête mais la pratique est toujours plus difficile ^^’

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        • J’aimerais beaucoup découvrir ta méthode « d’effacement total ». N’hésite pas à m’envoyer le lien de ta vidéo une fois qu’elle sera parue. Je comprends ce que tu veux dire dans les grandes lignes en tout cas, et j’avoue que ça se rapproche beaucoup de ce que je pense aussi 😉

          Aimé par 1 personne

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